Il est temps de faire un premier bilan de cette aventure qui
dure depuis 5 mois. Sachant que je traverse actuellement une période de fatigue
telle que j’ai demandé pour la première fois un arrêt de travail.
Pour ne pas qu’on me reproche de ne montrer ici que le côté
rose bonbon, je vais dresser un tableau évoquant les points principaux de ce SVE
avec les côtés positifs et négatifs.
La petite Kita dans la prairie
Les +
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Les -
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- Le rapport à la nature.
En pôle position de ce SVE restera le cadre de la Kita qui
dispose d’un grand jardin et d’espaces verts aux alentours dans lesquels
vadrouillent quotidiennement les enfants. Ils sont toujours en contact avec
le sable, la terre, le bois et à la question : quel est ton animal préféré ? certains enfants répondent : le ver de terre.
- S’amuser avant tout.
Les enfants sont libres de jouer comme ils veulent les ¾
du temps.
- Apprendre à faire seul
Pour avoir changer de groupe en cours de route, c’est
encore plus frappant chez les grands (4 /6 ans). Pour aider à
l’autonomie, tout est mis en place : mobilier à hauteur des enfants,
casiers de rangement, retrait de l’adulte sur certaines tâches (notamment
l’habillement) tout en restant présent pour aider si besoin.
Et je ne sais pas si c’est en lien mais les enfants sont
hyper ingénieux manuellement. Ils disposent de plein de jeux de construction
et m’épatent à chaque fois.
- Un rythme « à la cool » pour les enfants
Je prends l’exemple de la cantine. Ce système n’ayant pas
encore fait son apparition, les enfants ont encore le luxe de manger dans leur
salle par petits groupes et d’aller se resservir seuls grâce à un mobilier
adaptés. Ca peut sembler très anecdotique pour celles et ceux qui n’ont
jamais travaillé dans une cantine (ou restaurant scolaire) en France où le
niveau de décibel équivaut à une Rave et où les enfants sont bien souvent speedés.
- Les activités
Expériences scientifiques, sorties, jardinage, yoga,
cuisine, sauna, danse, cours de langue, cours de musique, peinture etc. Les
enfants sont invités à faire pleins de découvertes au cours de l’année. Ceci
dit, contrairement à ce que je pensais tous n’y participent pas (apparemment
certaines sont payantes et sur inscription) et certains activités ne sont pas
régulières. Disons qu’en France c’est
kiff-kiff entre activités pédagogiques et temps « libéré » et ici
c’est plus accentué sur le temps « libéré ». Surtout qu’il n’y a
pas de programme scolaire à suivre à la lettre (avec notations et tout le
touttim). Freeedoooom ! (et pleins d’apprentissages pour autant)
- Les enfants
C’est leurs rires, leur sourire, leur bienveillance même
pour certains qui font le sel de cette aventure. Même s’ils se moquent
parfois de ma prononciation, la plupart du temps ils m’aident à trouver les
mots et ne se privent pas de communiquer avec moi ni de me faire confiance. J’ai
partagé des tas de bons moments avec eux, et même ces derniers temps où la
fatigue allait crescendo ils arrivaient à me redonner de l’énergie.
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- L’effectif d’enfants
Déjà rencontré en France, ce problème d’effectif est la
cause première de situations stressantes quand il manque d’espaces ou
d’adultes. Dans mon groupe, 36 enfants pour 2 éducatrices (+ un éduc’
stagiaire présent en fin de semaine) répartis dans deux espaces séparés par
une porte. Je suis parfois seule dans un des espaces avec les enfants et je
rêve de m’enfuir loin, loin, loin.
- L’effectif d’adultes
La Kita essuie une pénurie de personnel depuis quelque
mois et l’on sent que chacun donne le maximum pour palier au mieux aux
absences au lieu d’avancer à un rythme croisière.
- Les situations stressantes
Je suis arrivée dans une atmosphère stressante avec cette
histoire de l’enfant inadapté pour cette kita qui en faisait voir des vertes
et des pas mûres aux autres. Jetée dans le bain, et m’efforçant de suivre le
rythme du mieux que je pouvais, je perdais parfois pied devant toutes les
demandes diverses et variés des 2 autres éduc’s (surtout avec mon niveau de
compréhension alors). Pour avoir plus de marge de manœuvre (et trouver un
sens à ce volontariat) j’ai atterri dans un nouveau groupe. Manque de pot, à
mon arrivée une des éduc’ a dû partir dans un autre groupe (démission d’un
éduc et congé maladie d’une autre) et ma nouvelle tutrice a du s’absenter
aussi souvent pour des raisons de santé. L’atmosphère redevient donc stressante
face aux enfants souvent livrés à eux mêmes (et à cet âge là, à 20 minimum
dans un espace restreint, les petites disputes et les cris ne manquent pas).
Dur de prendre le temps alors de partager des moments agréables.
- Mes rapports avec l’équipe
En France j’ai toujours eu l’habitude de trouver au moins
une personne si ce n’était toute une bande de joyeux lurons pour rire et
décompresser dans un travail parfois épuisant à la longue. Je pouvais
raconter des anecdotes, parler de ma p’tite vie (quoi que le côté mystérieux
de la Sara..), dire des conneries, pousser des coups de gueule. Mais là, je
n’ai pas trouvé de confident ni de « clown » pour allumer mon
sourire chaque jour.
Il y a bien une personne qui m’a toujours encouragée
depuis le début mais je ne la croise que rarement.
Bref ça manque un peu de fun.
Par contre ils sont tous sympas et bienveillants dans
l’ensemble et je suis intégrée malgrè tout.
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La collocation à 5 (où comment établir des limites et
vivre-ensemble)
Les +
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Les -
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- J’ai réussi à vivre depuis 5 mois avec 4 inconnus et
leurs potes de passage (sur un seul étage) en parlant seulement anglais ou
allemand. De nature sauvageonne et aspirant au calme, je m’auto-félicite.
- Ils connaissent tout de mes états d’âme et même s’ils hallucinent
devant mon côté ours, ils me proposent encore et toujours des sorties à
droite à gauche.
- Je crois que je connais toutes leurs petites habitudes
et qu’on a trouvé notre rythme.
- Souvent j’ai des bouffés d’affection pour eux (mais ils
ne s’en doutent pas)
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- Parfois des envies d’hurler : « Mais
boooooordel j’exiiiiiiiiiiiiste », à la colloc qui rentre à 3 heures du mat
avec sa pote en claquant les portes et en refaisant leur vie en cuisine sans
se préoccuper le moins du monde de savoir si d’autres dorment à côté. (ça
vaut aussi pour celui qui rentre émêché, celui qui discute au tel devant ta
porte, etc.)
Je crois que le sommeil perturbé par d’autres (sachant
qu’à la base je dors mal) restera un des points les plus pourraves de ce SVE.
- Le manque d’intimité. Les murs sont épais comme du
papier d’allumette. Autant dire que je peux suivre depuis ma chambre le film
de ma colloc (manque de bol je comprends pas le russe) ou savoir qui fait
chauffer sa tasse au micro onde.
- L’appart. Même si c’est pas la misère et que je veux pas
m’étaler dessus sur ce blog (en espérant des améliorations), je pense qu’une
meilleure qualité de vie jouerai aussi en faveur d’un meilleur moral. Ceci dit
j’ai changé de chambre depuis deux mois et j’ai maintenant plus d’espace
pour danser, faire le poirier, des roulades avant.
Reste à obtenir des rideaux pour occulter le store, et à boucher un trou dans le mur.
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La vie à Potsdam
Les +
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- Danse orientale, kiné et médecin en or, médiathèque, parcs,
le p’tit commerçant du coin de la rue. J’ai retrouvé ici tous mes
indispensables à mon bien être. Je suis quelqu’un qui a besoin de repères et
j’ai très vite tout trouvé à Potsdam (même si les débuts ont été laborieux à
cause de la langue). C’est d’ailleurs pour cette raison que je me suis
attachée à cette ville.
- Chacun fait fait fait, c’qui lui plaît, plaît, plaît…
Ici chacun son style et personne te regarde de travers
pour un tatouage au milieu du front ou une jupe rose sur collant jaune fluo.
Ceci dit l’excentricité n’est pas récurrente non plus, et
le style potsdamois est plutôt
écolo-bio-bobo.
- Je peux parler normalement aux commerçants et aux quidams au bout de 5
mois. Et j’en suis fière. (Par contre j’ai toujours mes grands yeux de mérous
quand il s’agit de comprendre le montant à payer à la caisse…)
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- Je ne reviendrai pas sur le temps de cochon. Mais
j’espère quand même un jour déambuler en t-shirt dehors sous un soleil
éclatant.
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Article un peu décousu (écrit avec 2 de tension, j'espère que j'ai pas pécho la mononucléose) mais je voulais donner des nouvelles. J'ai aussi établi dernièrement un premier bilan intermédiaire pour Pistes-Solidaires (mon association d'envoi) ainsi qu'écrit un témoignage pour leur site internet et je ferai suivre le lien.
Sur ce je repars chercher les bras de Morphée et vous fais
de gros Kuss.
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