lundi 23 novembre 2015

Temps fort de ce volontariat : mon premier séminaire


C’est à Bornheim, en plein cœur de la pampa allemande non loin de Köln (Cologne), que s’est déroulé ce séminaire.

Je suis partie avec Alexandra (« Sacha » en russe), une autre volontaire de Potsdam. Après avoir passé 6/7 heures plutôt chaotiques dans les transports, la cerise sur le Kuchen : une montée de la muerte à pied avec les valises (grosses valises sous les yeux aussi…) jusqu’à la Jugendakademie. Mais en récompense des champs et des chevaux à perte de vue.


Panorama quotidien


 

Herzlich Wilkommen (bienvenue!)



Avant de partir je savais seulement que j’allais vivre une semaine avec d’autres volontaires de toute l’Allemagne sans avoir une idée précise du programme.

Volker et Krisis, les formateurs, nous ont tout de suite mis dans le bain. Les premiers jours seraient destinés à faire connaissance, faire le point sur nos expériences, mieux connaître nos droits en tant que volontaire, et pouvoir résoudre des situations conflictuelles dans nos structures.
Puis un second temps : ouverture sur l’Europe avec un focus sur l’Allemagne et les autres pays lors de la 2nde guerre mondiale, et une partie destinée à la question de la citoyenneté active via le volontariat.

A première vue ça paraissait costaud (surtout en allemand ! Langue choisie dès le départ par les formateurs) mais les méthodes appliquées ont tout rendu digeste voire very funny and interesting.

Quelques unes en vrac :


  • Tous les « warming up », petits jeux de groupe choisis par un volontaire avant de débuter les temps du matin et de l’après midi, histoire de se donner de la motivation.


  •  Le premier soir, une sorte de « speed dating » avec sur différentes tables des questions précises autour desquelles discutailler.



  • Le premier jour, un jeu d’équilibre où nous avons dû tenir à 25 sur une grande planche en bois instable sans qu’elle touche le sol. Parfait pour la coopération.



Wunderbar !




  • Une promenade « méditative » dans les environs avec à différents endroits des questions pour faire le point sur notre début d’aventure.






A cet endroit, il s'agissait d'inscrire sur un papier un point négatif de notre vie avant de partir en volontariat puis de le mettre au feu.



  • Des Workshop (atelier) à préparer en petit groupe pour ensuite le faire vivre aux autres. L’occasion de faire découvrir « the » chanson phare à ma kita, qui est parfaite pour apprendre des mots basiques grâce à des gestes associés.

 
Et maintenant je vous laisse imaginer des pauvres volontaires qui gesticulent et chantent sur cette chanson sans parfois connaître un mot, et tous les fous rires que nous avons eu. 



  • Et pleins d’exercices très simples, sous forme de jeux, pour s’exprimer devant les autres et  prendre position.


D'où je viens, où je vis actuellement, ce que j'aime dans la vie.

Se donner de bons conseils 

Présenter ses ressentis sur son projet en image


L’un fut pour moi riche en émotions. Il s’agissait pour chaque volontaire de déposer sur une ligne chronologique tracée au sol un ou plusieurs papiers avec un fait marquant concernant son pays d’origine durant la 2nde guerre mondiale. Nous avions la possibilité de raconter aussi une anecdote en lien avec notre histoire personnelle/familiale.


L’occasion d’en apprendre plus sur certains pays comme la Georgie, l’Ukraine, la Turquie, la République Tchèque. Même si mes études d’Histoire m’avaient éclairée sur cette période, c’était super intéressant de se dégager des bouquins et du scolaire, et surtout de ne pas regarder les faits que sous l’angle de son propre « drapeau ». Au final, c’était bien évidemment la même galère pour tous, et nationalismes, va-t-en-guerre, dictatures, à part briser des vies n’apportent que de la souffrance. (Sans virer bisounours à cœur, entendre l’histoire des arrières grands parents des volontaires envoyés dans les camps de travail et de concentration fait se questionner sur la condition humaine.)
Même sentiment lors de la visite du musée à Köln où la gestapo enfermait, interrogeait et exécutait dans une maison en plein cœur de la ville, sous le regard complice des voisins, des personnes dites « ennemis » du 3eme Reich. 

Autre exemple d’exercice que je note ici, le temps sur les stéréotypes. Pour la énième fois depuis le début de mon projet, je retrouve en pôle position des images de la France le fait que les français ne font aucun effort pour parler une autre langue avec les non-autochtones. (sans oublier les grenouilles et la Marseillaise). Heureusement chacun a pu exprimer son ressenti à la lecture des stéréotypes et a reconnu avoir pleins de préjugés sur les autres cultures.

Pleins de travaux de groupe nous ont ensuite permis de constater que le mot « Culture commune » ne signifie pas grand chose, et que deux personnes ayant grandi dans les mêmes lieux, avec les mêmes conditions de vie (comme ce fut le cas lors de ce séminaire) ne partageaient pas le même point de vue ou sentiment dans une même situation. Aussi, ce n’est pas parce que tu grandis en Allemagne que tu aimes forcément la bière et que t’es quelqu’un d’hyper ponctuel. Et c’est bien dommage de se priver de découvrir une personne ou un pays à cause de critères déjà préconçus qu’on lui attribue.

Que les français me remercient, à la fin du séminaire l’image du pays était remonté en flèche ;). Aber ! (mais), ce n’était pas très compliqué parce qu’heureux constat, le point commun de tous ces volontaires est de s’intéresser un minimum à l’autre et d’être ouvert à la différence.

Malgré la barrière de la langue, nous avons eu l’opportunité d’échanger sur nos expériences, de nous enrichir mutuellement, de parler de nos lieux d’origine, de nous prendre la tête pour trouver des compromis, de réaliser de supers projets (bientôt notre article en ligne publié sur le site d’Erasmus + autour de la question de la citoyenneté active) , et surtout, surtout ! , de décompresser ensemble (2 anniversaires, une virée à Köln et une dernière party déjantée ..).







Cependant certains ont vraiment galéré à suivre le séminaire en allemand et c’était leur point négatif, approuvé par les formateurs qui feront différemment la prochaine fois.


Très belle semaine au final pour retrouver des forces avant les mois glacials et la fatigue au travail. Et surtout de très belles rencontres qui suscitent l’envie de voyager encore et encore !






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