samedi 17 octobre 2015

During the week (un article aussi long que mes journées)

Allez zou, un p'tit aperçu de mon quotidien depuis que j'ai commencé à travailler dans ma Kita. 


Chaque matin, réveil aux aurores et la tête dans les étoiles car je n'ai pas de store à mes velux. 




7h30, j'enfile mes bottes de Sept lieues.







7h42 : Premier tram puis le bus pour aller jusqu’à Höhenstraß où se trouve ma Kita. Sur la photo, encore un énième jour pluvieux, froid, sans soleil. J'étais prévenue mais c'est hardcore cette météo. 



Parking vélo pour enfants







































8h15 : Wilkommen bei KönigKinder !


A peine arrivée, j’enfile mes Hausschuhe (chaussons). Ma tutrice m’a demandé d’apporter des Hausschuhe dès le premier jour. Contrairement aux enfants, pour les adultes il s’agit seulement d’avoir une paire de chaussures propres, différentes de celles portées à l’extérieur. Mais j’ai joué le jeu à fond (photo prochainement)… et au final je trouve ça plus sympa que les « Crocs ».





Je suis à l’étage des 3/4 ans. Pour accompagner ce groupe d’enfants, l’équipe des Erzieher (dont le travail est un mix entre celui d’ATSEM/pédagogue/animateur-trice) est composée de 4 personnes : Sandra, Francesca, Inès et Daria. Parfois Tim vient en renfort. A cet étage se trouve aussi le bureau de Heide, la directrice, très sympathique mais toujours très occupée car elle gère seule la structure.    

Jusqu’à 9 heures les enfants arrivent tranquillement et jouent dans des espaces aménagés : manipulation et construction (avec beaucoup de bois), jeux de société, imitation (coin dînette, déguisement etc.).
Puis à 9 heures, un Lehrer (professeur) vient chercher certains enfants inscrits au préalable sur une liste pour un cours de sport ou de musique. Une Erzieher peut aussi proposer de faire de la cuisine ou de se rendre dans la bibliothèque. 

Les enfants qui restent se regroupent en petit cercle pour l’un de mes moments préférés de la journée, le Morgenkreis. Ce temps débute souvent par un chant avec une gestuelle. Au milieu du cercle un plateau est posé avec pleins de petits éléments en lien avec la saison. L’Erzieher qui mène ce temps permet aux enfants de parler de la météo de la journée, de la date, grâce à des éléments symboliques. S’en suit ensuite un petit jeu, ou une question posée à tous, pour permettre aux enfants de s’exprimer. L’enfant qui ne souhaite pas participer n’est en rien forcé, sans être pour autant mis à l’écart. Ce temps se termine souvent par des petits mouvements (sauter, ramper, s’étirer) via une danse ou un jeu. 

A 10 heures, c’est la première collation. Les enfants prennent chacun une carte plastifiée avec leur photo et un verre puis s’installent par groupe de 4 ou 5 autour d’une table. L’Erzieher propose de l’eau plate ou pétillante (très appréciée en Allemagne) et découpe des fruits frais dans une assiette. Les enfants papotent et picorent en se faisant passer l’assiette. 

Souvent les enfants des ateliers du matin reviennent à ce moment là. Selon les jours, tous les enfants se rendent ensuite dehors, soit dans la cour extérieure soit pour une sortie dans un grand parc non loin. Et cela qu’il vente ou qu’il pleuve car ici les enfants sont équipés d’espèces de salopette-combinaisons imperméables.  Vu le temps en automne et en hiver à Postdam sans ce minimum d’équipement on ne mettrait jamais le nez dehors. 

C’est le moment de faire part d’une première observation. Ici les enfants de 3-4 ans en sortie peuvent grimper aux arbres (avec un adulte juste en dessous), jouer avec des branches de bois de 3 fois leur taille. Bref, pas de notion de « sécurité » permanente avec malgré tout une aide de l'adulte si nécessaire.

Certains jours les enfants restent à l'intérieur et vont dans une salle de motricité qui comporte un parcours de « grimpe » très original. Cela me fait penser un peu à une attraction de fête foraine où il faut passer sur des tonneaux etc. Les enfants s’en donnent à cœur joie. Dans cette même salle se trouve de quoi dessiner, jouer avec des marionnettes, se déguiser. Un « cuisine/dînette» est installée juste à côté dans une véritable cuisine où les enfants goûtent l’après midi ou préparent des gâteaux lors des ateliers. 

Vers 11h30, vient le moment du repas où je peux faire part d’une deuxième observation. Ici tout est mis en place pour que l’enfant se dépatouille de lui même. Et celui-ci le revendique la plupart du temps en disant qu’il veut faire allein (seul). C’est donc un enfant qui installe le couvert tandis que les autres préparent leurs affaires pour la sieste. Chacun va chercher son matelas et sa caisse où sont rangés drap, coussin et doudou. 
Lors du repas, l’Erzieher aide juste à servir les plats, puis les enfants débarassent leur assiette et leur couvert avant d’aller se débarbouiller. 

Les enfants nous appellent ensuite si besoin pour se déshabiller avant la sieste. Puis l’Erzieher peut rester à côté d’un enfant qui a du mal à trouver le sommeil pour lui masser le dos ou faire en sorte qu’il s’apaise. Il y'a toujours en fond sonore soit un conte audio, soit de la musique de relaxation. 

Vers 13h30, les enfants réveillés se rhabillent et rangent leurs affaires dans un coin attitré. Petite parenthèse : c’est idem pour les sorties à l’extérieur.  Les enfants disposent d’un vestiaire où chacun dispose de son porte-manteau avec plusieurs crochets, un casier pour les chaussures/bottes/chaussons, et d’autres casiers pour le bonnet, écharpes, affaires de rechange. Une photo indique à l’enfant qu’il s’agit bien de son espace. 

Jusqu’à 15h00, les enfants vadrouillent entre les différents espaces : bibliothèque, salles de jeux et sont appelés à tour de rôle pour le Festban (équivalent du goûter) composé la plupart du temps d’un bout de brötchen (petit pain rond allemand) et de fromage. Le vendredi, joie, bonheur, extase, l’étage embaume le gâteau préparé par les enfants le matin et qui est mangé lors de ce temps.
Dans la bibliothèque, l’Erzieher dispose en plus en libre service dans des saladiers des bouts de légumes crus (poivrons, concombres) que les enfants peuvent picorer. 
Ce pourrait d’ailleurs être une observation :" Mais ces enfants mangent tout le temps !? " Cependant, je trouve génial de les inciter si jeunes à savourer des fruits, des légumes et surtout par le biais du partage (même si à 3 ans certains s’accaparent facilement la plus grande grappe de raisin ou tous les bouts de bananes). 
L’inconvénient est que certains enfants semblent ne jamais s’arrêter de manger tous les fruits et légumes qui leur passent par la main. A part un bon transit, ils ne risquent pas grand chose mais bon …

Une fois que les enfants ont tous goûtés, nous restons soit à l’étage soit nous nous rendons dans la cour extérieure. Les parents, depuis 14h, viennent progressivement chercher leurs enfants. 

A 15h30, je me dépêche de retirer mes Hausschuhe et de courir jusqu’au bus de 15h32 qui me ramène jusqu’au Zentrum de Potsdam. De là je peux soit flanner dans les ruelles soit prendre le tram pour aller jusqu’à la colloc’.    

Avec ma nouvelle écharpe, en attendant le bus dans le froid et déjà bien fatiguée :)

Une petite précision s’impose. J’ai écrit partout « Erzieher » car c’est le statut des personnes qui travaillent dans mon équipe. Si vous vous demandez ce que je fais dans l’histoire, je répondrai : tout pareil qu’une Erzieher (ménage compris !) excepté le Morgenkreis ou les ateliers dans la cuisine. Cependant d’ici quelques temps j’aimerais aussi participer aux ateliers (cuisine, sport, musique) ou alors proposer moi aussi des activités car sinon je vais trouver le temps long. Du coup, je profite souvent de l’absence momentanée d’une Erzieher pour chanter des petites comptines aux enfants (comme le « Grand Cerf » qui a un grand succès). Mais pour l’instant ce quotidien (bien que trop matinal !) me va très bien car je ne parle presque pas allemand et j’ai besoin de prendre mes marques petit à petit. Les enfants sont très patients avec moi et m’aident dans ma prononciation (et oui, c’est un peu le comble). Je remarque qu’ils écoutent attentivement quand je tente de raconter une histoire dans la bibliothèque (alors que parfois je ne comprends même pas les mots que je lis). Heureusement, certains contes sont les mêmes et donc je m’aide du contexte pour moduler ma voix. Par exemple, que ce soit en français ou en allemand le petit chaperon rouge ou les trois petits cochons posent les mêmes questions au loup. 



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